Les intrapreneurs sont en vos murs, faites-leur confiance !

Les startups et les entrepreneurs ont le vent en poupe, tout le monde en parle et ce n’est pas nous qui allons nous en plaindre, on en fait partie 🙂

Mais bon, celles qui font l’essentiel du job sont les entreprises en place, vous savez celles qui ne « disruptent » pas leur marché et n’ont pas de baby foot dans leur salle de réunion.

Chez pulse-on nous croyons que parmi les forces vives des entreprises il y a un extraordinaire potentiel d’entrepreneuriat: avec les fameux « game-changers » que nous appelons intrapreneurs.

D’où vient le terme « intrapreneur » ?

C’est à Gifford et Elizabeth Pinchot que revient officiellement le terme d’intrapreneur, terme apparut en 1978 dans leur article co-écrit intitulé « Intra-Corporate Entrepreneurship ». En 1985, Gifford écrira le premier livre dédié à l’intrapreneuriat et intitulé « Intrapreneuring: Why You Don’t Have to Leave the Corporation to Become an Entrepreneur ».

En 1985, Steve Jobs rendra le terme encore plus populaire lorsqu’il expliquera dans un article de Newsweek que « l’équipe Macintosh fut ce que l’on appelle communément l’intrapreneuriat… un groupe de personnes qui par essence retourne au garage mais dans une grande entreprise ». Pour bénéficier de la version originale, rendez-vous ici 🙂

Qui sont les intrapreneurs ?

Ce sont à la fois des personnes qui sont salariées et assez indépendantes dans leurs modes de fonctionnement et de pensée et enclin à prendre des risques à titre personnel pour porter leurs convictions/idées. Elles portent en elle l’envie d’entreprendre au sein même de leur société.

Ces salariés sont différents des « hauts potentiels » (mais peuvent en faire partie) qui sont généralement révélés dans les organisations pour prendre de plus en plus de responsabilités et devenir les managers demain.

Notre définition chez pulse-on :

L’intrapreneur est un salarié qui gagne la confiance de son employeur pour transformer son idée en un projet concret et rentable au sein de son organisation.

Les intrapreneurs ont une capacité à l’adaptation et à l’acceptation de l’incertitude qui dépasse largement la moyenne. Ils souhaitent bouger les lignes, fédérer les énergies pour servir une vision et apporter de nouvelles sources de valeur pour leurs entreprises.

Intraprendre, c’est entreprendre en interne

Les champs pour intraprendre sont nombreux et ne se limitent pas uniquement à la création de nouvelles entreprises pour le compte de son organisation, ce qu’on appelle une « spin-off ».

Par exemple, et sans être exhaustif, il peut s’agir d’expérimenter de nouvelles méthodes, de créativité et d’innovation, d’amélioration de processus ou encore de création de nouveaux produits ou services.

Plus que tout, ce qui prime, c’est la prise d’initiative, l’envie de créer ou d’améliorer. L’état d’esprit de l’intrapreneur est le même que celui de l’entrepreneur : il veut agir pour changer le cours des choses, résoudre un problème ou créer quelque chose de nouveau.

L’entrepreneuriat et l’intrapreneuriat sont donc 2 cousins proches. Ces domaines se différencient principalement par le niveau de prise de risque (plus risqué pour le premier) et par une liberté d’action plus encadrée pour le second puisqu’il existe un poids structurel à prendre en compte.

Faites-leur confiance !

L’intrapreneur sort du rang ou attend son heure pour le faire. Il peut être refroidi une fois, deux fois, trois fois…puis il s’étiolera, ira faire son affaire avec la concurrence ou se lancera en solo (ben tiens en « start-up » !). Dans ce dernier, cas il peut partir avec quelques « assets » accumulés dans votre entreprise, bien dommage de ne pas l’avoir accompagné !

Sur ce constat nous avons, chez pulse-on, mis en place une méthodologie pour faciliter leur révélation puis accélérer la formalisation des bonnes idées jusqu’à la phase de test; le tout en bonne intelligence avec l’organisation et la politique RH de l’entreprise.

L’intrapreneur existe parce qu’il sait faire un pas de coté, se nourrir plus ou plus vite que ses collègues des apports extérieurs, des échecs… et surtout parceque l’organisation sait lui fait confiance.

Les intrapreneurs peuvent aussi avoir du mal à porter l’idée d’un autre: le cas trop courant du « chef de projet » désigné d’office (souvent à l’ancienneté) par la hiérarchie. Il devient alors le pompier de service…qui va s’user au feu !

Il est très utile de créer le contexte managérial pour permettre de s’inspirer en interne (ne pas être cantonner dans son service), à l’extérieur (en premier lieu avec clients et partenaires) et d’exposer puis d’instruire ses idées.

 

Quels bénéfices en retirent les entreprises ?

Favoriser l’esprit d’entreprise dans les organisations, c’est se donner la chance d’en retirer de nombreux bénéfices.

Les intrapreneurs représentent une formidable opportunité pour trouver de nouvelles sources d’innovation dans les entreprises.

Dans l’organisation, cela encourage l’ensemble des salariés à adopter de nouveaux comportements comme :

  • la prise d’initiative,
  • la remise en cause du statu quo,
  • les postures/attitudes changent,
  • la parole se libère et devient plus constructive,
  • le droit à l’erreur intègre la culture de l’entreprise.

D’un point de vue RH, mettre en place un programme d’intrapreneuriat permet de re dynamiser le collectif (cela redonne de la motivation et resserre les équipes) et de redorer la marque employeur.

Enfin, d’un point de vue économique, l’intrapreneuriat permet l’exploration et la découverte de nouveaux marchés ou la réduction des coûts par l’amélioration des méthodes, des pratiques, des processus.

Autant de leviers et d’avantages qu’il serait dommage de louper !

Savez-vous que 90 % des inventions brevetées sont le fait d’inventeurs salariés ?

La loi encadre parfaitement les inventions de salariés en distinguant les inventions de missions et les inventions hors missions. Ces dernières sont la plupart du temps le fait d’intrapreneurs qui ont investi de leur temps (parfois même de leur argent) au delà des heures normales. Parcequ’ils y croient, ils testent leur idée avec l’aval ou non de la Direction ! Dans ce cas le salarié a le droit à une contrepartie financière : l’INPI vous en dit plus

Le cas Nespresso

Référons-nous à l’excellent article « Intrapreneuriat innovant de rupture: L’effectuation, c’est pour les grandes entreprises aussi » de Philippe Silberzahn pour vous parler de Nespresso, exemple notoire de la puissance du modèle intrapreneurial.

Philippe explique dans son article que le poids d’une organisation peut desservir l’innovation (conflit des business models, conflit dans l’allocation des ressources, etc.). Il expose un très bon moyen de résoudre cela en isolant la nouvelle activité.

Mais Nestlé n’est pas la seule entreprise emblématique à avoir connu de grands succès grâce aux intrapreneurs.

Comme je l’écrivais en début d’article, l’équipe Macintosh dirigée par Steve Jobs fut une équipe d’intrapreneurs.

Que ce soit la messagerie Gmail de Google inventée par Paul Buchheit, le Post-it créé par le Dr Spencer ou encore la console Playstation créée par Ken Kutaragi, ces grands succès ont tous en commun un intrapreneur !

Allez pour les curieux un petit cadeau de veille, le livre-blanc bien fait par le Crédit Agricole et le Boson Group sur le sujet « L’Intrapreneuriat : une nouvelle façon de travailler dans les entreprises. »

Article inspiré de « Qu’est-ce qu’un intrapreneur » parut le 15 mars 2016 et accessible sur Réussir Son Entreprise, le blog de Novup. Merci à François Amisse, CEO de Novup, pour son autorisation.