Intrapreneuriat

Devenir Manager d’intrapreneur ?

By 8 novembre 2017 No Comments

Devenir Manager d’intrapreneur ?

Les intrapreneurs sont moins de 10% dans nos organisations, un petit nombre mais très engagés et très engageants. Le problème est que 47,5% d’entre-eux aboutissent leur projet en dehors de l’entreprise dont 32,5% à la concurrence. Les 15% restant ont basculé dans la création d’entreprise… sans impliquer leur ancien employeur. (Etude pulse-on 2016).

Il est donc très coûteux de ne rien faire pour identifier les intrapreneurs et leur permettre de s’exprimer.

On constate aussi une méconnaissance du potentiel: 32,3% des entreprises ne savent pas si elles ont déjà perdu des intrapreneurs, principalement car elles ne les ont pas identifiés. 18% ne savent même pas si elles ont des potentiels intrapreneurs dans leurs rangs, en fait elles n’ont pas de radar/d’outil pour cela.

Ces quelques chiffres étant posés, je vous propose un petit regard sur un des freins principal à l’intrapreneuriat : la résistance de son management. Le manager est en première ligne, il peut prendre la posture du Manager d’intrapreneur en osant tout simplement la confiance.

 

Voila ma définition empirique, construite sur mon expérience d’accompagnement d’organisations pionnières de l’intrapreneuriat :

L’intrapreneur est un salarié qui gagne la confiance de son employeur pour  transformer son idée en un projet concret et rentable au sein ou avec son organisation.

Tous les mots comptent dans cette définition, décryptons-les :

Confiance

Le manque de confiance par la Direction est le 1er frein cité à l’intrapreneuriat (étude pulse-on 2016), vient ensuite le temps que son manager va accepter ou non de lui libérer. Souvent pour gagner la confiance il faut du résultat, donc il faut avancer en mode « bootstrap » c’est à dire tester au plus vite le concept avec les utilisateurs de la solution. Il faut faire confiance, autoriser le test avec des vrais utilisateurs (on rejoint là l’innovation en Design Thinking dont beaucoup parlent mais que peu pratiquent). Rappelons que l’intrapreneur se lève très majoritairement sur SON expérience d’un « mal-fonctionnement » dans sa boite. Sa hiérarchie ne lui a rien demandé, c’est pas son job, mais il va chercher à améliorer ce dysfonctionnement contre vents et marées…ce serait dommage de s’en passer !

Employeur : 3 niveaux à gérer , le passage des haies !

  • Les big boss (le codir) qui doivent donner l’impulsion la dessus ET montrer l’exemple, chose trop rare. Un petit job de mise en situation est toujours utile, donc sortez, Messieurs Dames des Codir, voir ce qui se fait vraiment sur ce sujet (et pas juste en « learning expedition » à Google)
  • Les RH qui doivent intégrer cela dans la gestion des compétences et aussi dans le recrutement comme disait Steve Job: « Pourquoi embaucher des gens intelligents si on leur dit ce qu’ils doivent faire« . Le problème est qu’un intrapreneur est bien souvent un trublion qui ne rentre pas dans les cases: il n’est pas un haut talent, il n’a pas la formation pour et il s’expose assez peu. Donc on conseille « aux RH » de descendre sur le terrain, trouver des nouveaux formats d’échanges…non visibles dans l’entretien annuel et les plans de formation.
  • Et le Manager N+1 qui est pile sur le chemin critique, s’il(elle) n’y gagne rien (consciemment ou non) il(elle) freinera l’émancipation par le résultat de « son » intrapreneur. Ce manager a déjà trop de comptes à rendre et trop de projets à rendre pour hier, pourquoi devrait-il s’embarquer dans cette incertitude? Car l’intrapreneur embarque bien au-delà de lui-même, il génère de la traction dans l’équipe.

L’enjeu du dispositif intrapreneurial est que ces 3 acteurs gagnent quelquechose à prendre le risque de l’intrapreneuriat. Une démarche de co-construction s’impose pas à pas avec eux, le manager étant au centre. Récemment dans un petit-dej « Poulain » auquel je participais à la SNCF, 2 intrapreneurs sont venus défendre leur projet avec leur manager, ils en avaient fait leur ambassadeur. Et pourtant ces 2 là sont en 3×8. C’est donc possible malgrés les contraintes les plus fortes.

Transformer

Transformer l’idée en un résultat concret bien-sûr mais aussi se transformer soi-même et son environnement. L’intrapreneur embarque des collaborateurs qui vont eux-mêmes donner du temps/expertise (souvent en « off ») à cette cause qui porte souvent plus de sens que leur propre job. Précisément ce qu’essaye de faire un bon manager à renfort de session de team building, stand up petit dej, etc. L’intrapreneur génère une traction naturelle, profitons-en au lieu de la combattre. L’intrapreneuriat incarne la transformation managériale : le manager « Host Leader » qui créé le cadre au lieu de tout contrôler et planifier. Je vous invite à explorer cette posture du manager sur laquelle je bosse avec Laurent Sarrazin de Rupture 21.

Concret et rentable

L’intrapreneuriat ne consiste pas à changer de métier ou de carrière suite à un Fongecif mais à créer de la valeur additionnelle, améliorer un process, tester une méthode, sortir un nouveau concept. Le premier critère d’analyse d’un projet d’intrapreneur est la valeur partagée.

La première chose qui est demandée à un intrapreneur est: ça coûte combien et ça rapporte quoi ? Cette rentabilité du projet intrapreneurial se mesurera majoritairement en gain de performance (sur la marge, la motivation, l’engagement, la fidélisation client), rarement en chiffre d’affaire. Le manager, lui, se dit « ça me rapporte quoi à moi? » Il faut répondre avec lui à cette question: s’il libère du temps à l’intrapreneur (classiquement 1 jour/semaine pendant 2 à 3 mois) qu’obtient-il en échange? Une ressource alternative, un délai sur un projet… Bonne nouvelle, l’intrapreneur va la plupart du temps faire de lui-même les gains de productivité: faire son job de 5 jours en 4 car il va mieux s’organiser, stimulé par la confiance et son engagement à réussir. D’ailleurs s’il ne prend pas cette posture il/elle n’est pas un intrapreneur !

Au sein ou avec son organisation

L’intrapreneur peut déployer son idée au chaud et partager le risque du succès, c’est le scénario sous contrôle… Mais il y a les fameux 15% de « spin-offeur » qui vont créer leur boite en « ayant profité du système ». Pour ma part je vois toujours la chose dans l’autre sens et dit au CODIR qui m’interpelle la dessus : accompagnez-le, prenez des parts dans sa petite boite, achetez lui ses solutions innovantes à bon prix. Il restera votre meilleur ambassadeur de valeur.

par Gregory Delemazure – 8 novembre 2017

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